Les personnes qui, tout en acceptant l'influence de l'être humain sur le climat, veulent en minimiser les conséquences avancent souvent cet argument : le climat de la Terre a beaucoup varié dans le passé, sous-entendu : ce qui se passe aujourd'hui n'est pas grave. Ils oublient de tenir compte de la vitesse de transition.
Les grands changements climatiques naturels se sont généralement effectués très lentement, ce qui a permis à la vie de s'y adapter progressivement. Par exemple, lors de la transition entre la dernière période glaciaire et notre période interglaciaire actuelle (l’Holocène), la température moyenne globale de la Terre a augmenté de 4 à 5 °C. Toutefois, ce réchauffement s'est étalé sur environ 10 000 ans, soit une vitesse moyenne d'à peine 0,05 °C par siècle.
A contrario, il y a aussi eu de brusques changements de température dus à des impacts météoritiques. Les espèces n'ont pas eu le temps de s'adapter et des extinctions de masse ont eu lieu, comme celle des dinosaures il y a 66 millions d'années.
Actuellement, la température mondiale a déjà augmenté d'environ 1,2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, et cette hausse s'est produite en seulement 150 ans, dont l'essentiel depuis 1980. L'augmentation de la température moyenne de la Terre est ainsi environ 20 à 50 fois plus rapide que les réchauffements naturels liés aux cycles glaciaires. Ce rythme est beaucoup plus proche des événements cataclysmiques du passé que de celui des épisodes évolutifs standards. Ainsi je réponds à la lettre de M. Berset publiée le 14 août sous le titre «A propos de climat...»
MARCEL DÉLÈZE
MARSENS